Au cœur du 39e sommet de l’Union africaine, une équation diplomatique à haute intensité se dessine. Elle ne concerne ni un conflit armé, ni une crise économique, mais l’ambition internationale d’un ancien chef d’État. Et dans ce jeu d’équilibres, le levier décisif se trouve à Dakar.
Une ambition suspendue à un aval national

La perspective de voir Macky Sall briguer la direction de l’Organisation des Nations unies cristallise tensions et calculs politiques. Car au-delà des équilibres géopolitiques, une réalité s’impose : sans adoubement officiel du Sénégal, aucune dynamique africaine ne peut véritablement s’installer.
Or, à la tête du gouvernement sénégalais, Ousmane Sonko avance avec prudence. Sa présence au sommet continental intervient dans un contexte où la mémoire politique nationale pèse autant que les ambitions diplomatiques.
L’Afrique face à l’épreuve de l’unitéEn toile de fond, la succession de António Guterres ouvre un espace stratégique que l’Afrique souhaite investir d’une seule voix. Une candidature unique, consensuelle, capable de porter le continent dans les cercles décisionnels mondiaux. Mais l’unité proclamée se heurte aux fractures internes.
À Dakar, les prises de position révèlent une ligne de fracture nette. Certains responsables politiques évoquent une incompatibilité morale entre soutien diplomatique et mémoire nationale. D’autres, plus pragmatiques, y voient l’opportunité d’inscrire un ancien dirigeant africain au sommet de la gouvernance mondiale.
Un enjeu continental observé depuis Libreville

À Addis-Abeba, les chefs d’État échangent officiellement sur l’eau et l’assainissement, piliers de l’Agenda 2063. Mais dans les couloirs feutrés, les discussions portent sur l’influence, la représentation et la capacité du continent à parler d’une seule voix sur la scène internationale.
Le Gabon, désormais engagé dans une phase politique redéfinie sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, observe cette séquence avec attention. Libreville, que vous suivez au quotidien depuis la fin de la transition, mesure les implications d’un leadership africain à l’ONU pour l’équilibre des puissances globales.
Car derrière une candidature se joue une question essentielle : qui porte l’Afrique, et au nom de quelle légitimité ?Pour Macky Sall, l’enjeu est international.
Pour Ousmane Sonko, il est national.Pour l’Afrique, il est historique.




