La finance islamique au service de l’agriculture camerounaise

Un financement stratégique pour l’agriculture
Le 26 janvier 2026, le président Paul Biya a ratifié un accord de financement de 102 millions d’euros avec la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (IFTC). Cet investissement, fondé sur la finance islamique, est conçu pour soutenir l’agriculture camerounaise, en particulier dans les secteurs du coton et du soja. Ce financement, connu sous le nom de Murabaha, permet l’acquisition d’intrants agricoles tout en facilitant la commercialisation des produits. Par cette initiative, le Cameroun se positionne pour relever les défis qui affligent son secteur agricole.
Le choix de la finance islamique n’est pas anodin. Le Cameroun, à l’instar d’autres nations en développement, cherche à diversifier ses sources de financement pour dynamiser sa croissance économique. En s’appuyant sur des principes éthiques et le partage des risques, la finance islamique se présente comme une alternative pragmatique aux mécanismes de financement conventionnels. Cela renforce la résilience du secteur agricole, tout en respectant les valeurs culturelles et religieuses de la population.
L’accord avec l’IFTC arrive à un moment charnière, où la sécurité alimentaire et la souveraineté agricole sont devenues des enjeux cruciaux pour de nombreux pays. En soutenant les filières du coton et du soja, le Cameroun aspire à augmenter sa production nationale, diminuer sa dépendance aux importations et créer des emplois en milieu rural. Cela s’inscrit également dans une lutte contre la pauvreté et une amélioration des conditions de vie des agriculteurs.

Les mécanismes de la finance islamique
La finance islamique repose sur des principes clés qui la distinguent des systèmes financiers traditionnels. L’interdiction de l’intérêt (riba), la spéculation excessive (gharar) et l’investissement dans des activités considérées comme illicites (haram) sont au cœur de ce modèle. Le Murabaha, présenté dans l’accord avec l’IFTC, permet d’acheter un bien avant de le revendre à un prix majoré, offrant ainsi une solution de financement sans recourir à des intérêts.
Ce modèle présente plusieurs avantages. Il permet d’accéder à des fonds sans alourdir la dette publique par des intérêts, favorisant également une approche collaborative entre investisseurs et agriculteurs. Dans cette dynamique, les risques et bénéfices sont partagés, encourageant ainsi une gestion responsable des ressources. Cela pourrait aussi amener une plus grande responsabilité sociale des entreprises impliquées dans ce secteur.
En outre, la finance islamique peut séduire des investisseurs étrangers, notamment ceux des pays du Golfe. Ces derniers cherchent à diversifier leurs portefeuilles tout en respectant leurs préceptes religieux. Des partenariats avec des institutions financières islamiques pourraient ainsi amener des capitaux nécessaires à la transformation du paysage agricole camerounais.

Impacts et perspectives d’avenir
Les retombées de cet accord sur le développement agricole camerounais pourraient être notables. En renforçant les filières du coton et du soja, le pays pourrait non seulement accroitre sa production, mais aussi solidifier ses chaînes d’approvisionnement. Cela aurait également un impact positif sur l’économie locale, créant des emplois et stimulant l’entrepreneuriat rural.
Néanmoins, pour maximiser les bénéfices de cet accord, il est crucial que le gouvernement camerounais mette en œuvre des politiques et infrastructures adéquates. Cela inclut la formation des agriculteurs sur les pratiques agricoles optimales, l’amélioration des infrastructures de transport et de stockage, ainsi que des mécanismes de suivi et d’évaluation des projets financés.
À long terme, la finance islamique pourrait jouer un rôle déterminant dans la transformation du secteur agricole au Cameroun. En diversifiant les sources de financement et en intégrant des pratiques durables, le pays pourrait réussir non seulement à garantir sa sécurité alimentaire, mais aussi à se positionner comme un acteur clé dans l’agriculture sur le continent africain. Cela soulève des questions fondamentales : comment le Cameroun peut-il continuer à exploiter la finance islamique pour d’autres secteurs ? Quels défis doivent être surmontés pour assurer une croissance inclusive et durable ?




