La peur comme outil de contrôle politique au Cameroun

Un climat de peur généralisée
Au Cameroun, la peur s’est progressivement érigée en instrument de domination politique. Les citoyens, comme les dirigeants, subissent son emprise. Daniel Essissima, à travers une analyse saisissante, affirme que « faire peur au monde » est devenu un moyen efficace pour ceux qui cherchent à conserver le pouvoir. Cette stratégie paralyse, de l’enfance jusqu’au monde du travail, et instaure un climat de soumission où la peur flotte dans l’air.
Ce phénomène, hélas, n’est pas une nouveauté. Les régimes autoritaires ont traditionnellement recouru à la peur pour asseoir leur contrôle. Au Cameroun, des événements récents, tels que l’annonce d’un remaniement ministériel, ont exacerbé cette réalité. Les fonctionnaires, pris dans un attentisme paralysant, désertent leurs bureaux, incapables d’agir par crainte de l’avenir. Ce lâchage des responsabilités montre comment la peur inhibe l’innovation au sein de l’administration.
Les répercussions de ce climat de peur sont puissantes et intriquées. Les citoyens, coincés dans un cycle de soumission, hésitent à revendiquer leurs droits. Cette dynamique renforce la mainmise des dirigeants. Un cercle vicieux s’installe : l’angoisse et l’absentéisme minent le fonctionnement essentiel de la gouvernance.

La brutalisation de l’espace politique
Maître Alice Nkom, voix dissidente et porte-parole d’Issa Tchiroma Bakary, éclaire la brutalisation de l’espace politique camerounais. La confiscation du pouvoir et la réduction des libertés publiques plongent la nation dans un abîme de tristesse. L’État, au lieu de servir le peuple, transforme le suffrage universel en une formalité, brisant ainsi toute possibilité d’alternance démocratique.
Cette brutalisation s’accompagne de répressions violentes visant ceux qui osent s’opposer au régime. Des témoignages de figures politiques, comme Dr Aristide Mono, révèlent des actes d’intimidation. L’opposition est menacée, et la peur devient un moyen pour étouffer toute dissidence, ne laissant qu’un silence assourdissant comme mode de survie.
En effet, la peur n’est pas juste une expérience individuelle ; elle s’entrelace dans le quotidien des Camerounais. Conscients des dangers encourus, beaucoup choisissent le silence, renforçant ainsi le contrôle du pouvoir. Ce phénomène soulève des interrogations essentielles : quel chemin la résilience des populations doit-elle emprunter pour restaurer confiance et dignité dans la nation ?

Vers une résistance populaire
Malgré ce climat de peur omniprésent, des voix se lèvent pour appeler à la résistance. Maître Nkom rappelle que la peur ne peut durablement anéantir la volonté populaire. Elle appelle à une prise de conscience nationale : le peuple camerounais n’est ni résigné ni vaincu. Cette résistance émerge comme une nécessité impérieuse pour contrer la peur et rétablir la confiance collective.
Les engagements de figures politiques comme Dr Mono, qui choisissent de rester actifs malgré les menaces, incarnent une volonté de refuser de céder à la peur. Leur engagement est un phare d’espoir pour ceux qui aspirent au changement. En effet, si la peur peut contrôler, elle est aussi capable de galvaniser l’opposition, poussant les citoyens à revendiquer leurs droits et à se battre pour un avenir meilleur.
Les enjeux de cette lutte sont immenses. Si le peuple parvient à surmonter la peur, il pourrait ouvrir les portes d’une démocratie authentique, où les droits de chacun sont respectés et où l’alternance politique devient réalisable. La question reste : jusqu’où les Camerounais sont-ils prêts à aller pour contrecarré la peur et restaurer la dignité nationale ?



