Depuis plusieurs jours, Libreville suffoque. De jour comme de nuit, le thermomètre oscille entre 29 et 30 degrés, installant une chaleur lourde et continue qui pèse sur le quotidien des habitants. Fatigue, soif, irritabilité : les effets sont visibles et ravivent les inquiétudes sanitaires, notamment chez les plus vulnérables.
Une chaleur omniprésente dès l’aubeAu Gabon, la chaleur n’est pas une nouveauté. Mais en cette période, elle semble s’installer avec une intensité particulière. Dès 7 heures du matin, le soleil est déjà haut, l’air est immobile et la sensation d’étouffement gagne rapidement les rues de la capitale. Dans les transports en commun, souvent bondés et peu ventilés, l’atmosphère devient pénible. Les usagers, contraints de se rendre au travail ou à l’école, subissent une chaleur difficilement supportable, faute de solutions de rafraîchissement accessibles.
Des risques sanitaires bien réels

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les fortes chaleurs constituent un danger pour la santé publique. Elles affectent prioritairement les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques. Les pathologies cardiovasculaires, respiratoires, le diabète ou encore les troubles mentaux peuvent être aggravés. La déshydratation et les atteintes rénales figurent également parmi les risques majeurs.
Face à ces menaces, l’information et la prévention apparaissent essentielles. Les autorités sanitaires sont appelées à rappeler les gestes simples mais vitaux : boire régulièrement de l’eau, éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, rechercher l’ombre et maintenir les habitations aérées.
L’eau, un bien vital devenu coûteux

À Libreville, se protéger de la chaleur relève parfois du défi. La ville manque d’espaces ombragés et d’arbres capables d’atténuer l’ardeur du soleil. La soif se fait pressante, mais l’accès à l’eau potable reste inégal. Avec la vie chère, de nombreuses familles peinent à acheter régulièrement de l’eau minérale, dont la bouteille de 1,5 litre avoisine 500 FCFA.
Les sachets d’eau à 50 FCFA, longtemps une solution pour les ménages modestes, se font désormais rares, à la suite d’une décision de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire. Une situation qui accentue la vulnérabilité des populations face à la canicule.
Une attente forte vis-à-vis des pouvoirs publics

Dans ce contexte, les populations espèrent une réaction rapide et coordonnée des autorités. Les ministères en charge de la Santé et de l’Environnement sont attendus sur des messages clairs, accessibles et adaptés aux réalités locales. Sensibilisation, prévention et mesures d’accompagnement sont devenues urgentes.
À Libreville, la chaleur n’est plus seulement une contrainte climatique : elle est désormais un enjeu social et sanitaire. Pour beaucoup de Gabonais, se rafraîchir ressemble de plus en plus à un luxe. Et l’attente d’une réponse publique reste, elle, brûlante.



