La polémique suscitée par les récentes mesures disciplinaires touchant la sélection nationale du Gabon révèle, une fois encore, un travers profondément ancré dans le regard porté sur le football africain. À la moindre décision ferme, des observateurs extérieurs s’improvisent procureurs moraux, comme si les nations africaines ne disposaient ni de discernement institutionnel, ni de légitimité décisionnelle. Or, en l’espèce, il convient de rappeler une vérité essentielle : la décision contestée a été prise par les autorités compétentes, dans le strict cadre des prérogatives qui leur sont reconnues.
Les Panthères du Gabon ne sont ni un symbole par délégation, ni un objet d’interprétation extérieure. Elles relèvent d’un ordre institutionnel clair, d’une gouvernance nationale assumée et d’une souveraineté sportive qui ne saurait être diluée dans des lectures condescendantes. Lorsque l’autorité agit, elle le fait au nom de l’intérêt supérieur de la sélection et de la crédibilité de l’État qu’elle incarne.
Autorité, discipline et responsabilité collective

Il importe de replacer le débat dans son cadre légitime. La sélection nationale n’est pas un espace de narration importée ni un théâtre d’émotions individuelles. Elle est une institution sportive, structurée, hiérarchisée, soumise à des règles connues de tous. Les décisions internes, lorsqu’elles sont prises par les autorités compétentes, relèvent d’un exercice normal de gouvernance. Les commenter est légitime ; les délégitimer en insinuant une dérive ou une injustice systémique l’est beaucoup moins.
Reconnaître le talent, l’expérience ou les services rendus à la Nation n’implique pas l’effacement de toute responsabilité. Dans le football de haut niveau, la discipline demeure le socle de la performance collective. Quitter un regroupement avant son terme constitue un manquement professionnel, d’autant plus significatif lorsqu’il émane d’un cadre censé incarner l’exemplarité.
Une règle universelle, pas une exception gabonaise

Dans toutes les grandes sélections du monde, ce type d’écart appelle une réponse. La rigueur disciplinaire n’est ni un marqueur africain, ni une singularité gabonaise : elle est universelle. Les grandes nations du football, souvent invoquées comme références, ont à maintes reprises sanctionné leurs internationaux, parfois sans ménagement, afin de préserver l’autorité de l’institution et l’équilibre du groupe. Ces décisions, prises par leurs propres autorités, n’ont jamais été soumises à une mise sous tutelle morale extérieure.
Le malaise du deux poids, deux mesures

La question centrale demeure donc entière : pourquoi ce qui est admis comme une décision souveraine lorsqu’elle émane d’une autorité européenne devient-il immédiatement suspect lorsqu’elle est prise par une autorité gabonaise ? Pourquoi l’Afrique sportive devrait-elle constamment se justifier d’exercer son autorité, comme si la fermeté institutionnelle lui était interdite ?Il ne s’agit ici ni de régler des comptes, ni d’effacer des carrières. Il est question de gouvernance, de respect du collectif et de crédibilité institutionnelle. Une sélection nationale ne se construit pas uniquement sur le passé, mais aussi sur la transmission, le renouvellement et l’exemplarité.
Respecter l’autorité, respecter les Panthères

Le Gabon n’a aucune leçon à recevoir en matière de discipline sportive. Lorsque le moment viendra, la Nation saura honorer ses serviteurs avec la dignité qui s’impose. Mais un principe fondamental doit prévaloir : les décisions concernant les Panthères, lorsqu’elles sont prises par les autorités compétentes, engagent la souveraineté du Gabon. Et cette souveraineté, sportive comme institutionnelle, n’est pas négociable.



