Partenariat stratégique : enjeux et perspectives pour la RDC

Un accord aux implications profondes
Le partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo (RDC), établi sous l’administration Trump, marque un tournant crucial dans les relations entre ces deux entités. Cet accord vise principalement à promouvoir l’industrialisation du pays, sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques et développer des infrastructures essentielles. Cependant, il soulève des questions importantes sur la souveraineté et l’autonomie économique de la RDC.
Dans son analyse publiée le 31 décembre 2025, Jo M. Sekimonyo souligne les enjeux attachés à cette entente. Bien que le partenariat aspire à moderniser l’économie congolaise, il semble favorise l’extraction des ressources, sans envisager une réelle stratégie de développement national. Les secteurs complémentaire comme l’énergie et les infrastructures sont souvent négligés, se limitant à soutenir l’extraction sans offrir de plan concret pour transformer l’économie à long terme.
Cet état de fait rappelle les expériences passées, comme en Afghanistan ou en Irak, où des accords similaires n’ont pas conduit à une prospérité durable. Sekimonyo fait le parallèle avec la Corée du Sud, qui, tout en nouant des partenariats stratégiques, a su maintenir une stratégie nationale claire axée sur l’éducation et l’industrialisation. La question se pose alors : la RDC saura-t-elle tirer des enseignements de ces expériences pour éviter de répéter les erreurs du passé ?

Les défis de la souveraineté et de la législation
Un des points les plus préoccupants de cet accord réside dans son impact sur la souveraineté de l’État congolais. Sekimonyo souligne que l’accord impose des modifications législatives, notamment la loi n°13/005 du 11 février 2014, ce qui représente une rupture significative dans le cadre institutionnel. Cela risque de compromettre la souveraineté parlementaire et oblige l’exécutif à justifier ses décisions devant les législateurs. Ainsi, la capacité du gouvernement congolais à défendre les intérêts de son peuple face aux influences extérieures demeure sujette à caution.
Des voix s’élèvent, comme celle de Fulgence Muteba Mugalu, archevêque de Lubumbashi, qui parle d’un « bradage » de l’avenir congolais. Les enjeux liés à la création d’emplois et à l’amélioration des infrastructures sont souvent évincés. L’accord semble-n’est pas favorisé des intérêts locaux, mais davantage ceux des États-Unis. Cette situation soulève la question de la responsabilité des élites congolaises : opteront-elles pour un alignement postcolonial ou investiront-elles dans le capital humain et le développement des capacités nationales ?
Il est impératif que ce partenariat soit perçu non pas comme une simple opportunité d’extraction, mais comme une chance de transformation engagée, au service des Congolais et de leur histoire. Il faut un débat public et une législation claire pour garantir une répartition équitable des bénéfices de cet accord.

Vers une industrialisation inclusive ?
Pour que le partenariat entre les États-Unis et la RDC soit véritablement avantageux, il doit transcender l’approche basée uniquement sur l’extraction des ressources. Sekimonyo appelle à une stratégie de modernisation économique, englobant des initiatives de coopération scientifique et éducative. Malheureusement, ces initiatives sont souvent floues et manquent de financements, n’apportant pas la réelle transformation attendue.
Des projets prioritaires, comme la réhabilitation de la ligne ferroviaire RDC-Angola, sont cruciaux pour l’exportation des minerais. Toutefois, ils doivent être accompagnés d’une vision à long terme pour le développement du pays. Il est essentiel de mobiliser des fonds publics et privés, non seulement pour l’extraction, mais aussi pour des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé et l’agriculture.
En somme, le succès de ce partenariat dépendra de la capacité de la RDC à établir une stratégie nationale claire, centrée sur l’élévation du capital humain et l’industrialisation. Les enseignements tirés du passé doivent guider cette démarche, afin d’éviter les pièges d’un développement déterminé par des intérêts extérieurs. La question subsiste : la RDC parviendra-t-elle à se positionner comme un acteur souverain dans ce partenariat, ou continuer a-t-elle à subir les influences extérieures ?



