Amélioration de l’accès à l’eau potable en RDC

Une politique nationale ambitieuse
La République démocratique du Congo (RDC) a récemment fait un pas décisif dans la gestion de ses ressources en eau. Le 27 décembre 2025, lors du 72ème Conseil des ministres, a été adoptée la Politique nationale du service public de l’eau (PNSPE). Une initiative présentée par Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, qui vise à révolutionner l’approvisionnement en eau potable dans le pays. Son objectif est sans équivoque : garantir un accès universel à l’eau potable d’ici 2035, avec des cibles spécifiques de 90% en milieu urbain et 70% en milieu rural.
Cette politique répond à un besoin urgent, dans un pays où seulement 50% de la population a accès à une source d’eau améliorée. Les inégalités sont nettes entre les zones urbaines et rurales. La PNSPE se présente comme un cadre stratégique essentiel pour corriger cette situation. Chaque Congolais mérite un accès fiable à l’eau potable.
Le financement de cette initiative sera assuré par le fonds national de l’eau (FNE). Ce dernier s’approvisionnera via le budget de l’État, les redevances des usines d’eau, et des contributions provenant de partenaires et du secteur privé à travers des partenariats publics-privés (PPP). Cette approche diversifiée est cruciale pour assurer la pérennité financière de la PNSPE et rassembler les ressources nécessaires à son application.

Un cadre de gouvernance renforcé
L’application de la PNSPE s’appuie sur un cadre de gouvernance renforcé, intégrant autorités nationales, provinciales et locales. Sakombi Molendo, ministre des Ressources hydrauliques, a déclaré que cette politique est un outil stratégique pour améliorer l’accès à l’eau, faire reculer la pauvreté, et soutenir le développement durable. La décentralisation de la gestion de l’eau facilitera l’adaptation des solutions aux besoins locaux.
Des institutions comme la REGIDESO (Régie de distribution d’eau) et l’ONHR (Office national de l’hydraulique rurale) joueront un rôle déterminant dans cette mise en œuvre. Leur savoir-faire sera crucial pour cibler les zones prioritaires et déployer des infrastructures adéquates. La formation des acteurs locaux est également essentielle ; elle garantit que les projets d’approvisionnement en eau soient durables.
De surcroît, la PNSPE prévoit des actions pour éduquer la population sur l’importance de l’eau potable et la nécessité de préserver les ressources en eau. Des campagnes de sensibilisation seront déployées pour encourager des comportements responsables et améliorer l’hygiène, un élément clé pour réduire les maladies d’origine hydrique.

Défis et perspectives d’avenir
Bien que la PNSPE porte en elle des promesses, des défis subsistent. La RDC doit faire face à des infrastructures vieillissantes, à la corruption et à un manque de coordination entre les différentes entités impliquées dans la gestion de l’eau. Tels sont des obstacles qui pourraient entraver l’efficacité de la politique et compromettre les objectifs fixés pour 2035.
Par ailleurs, le changement climatique menace les ressources en eau. Les sécheresses et inondations peuvent compromettre la disponibilité d’eau, rendant plus pressant le besoin d’adopter une gestion durable des ressources hydriques. Les experts soulignent l’importance d’intégrer des considérations environnementales dans la PNSPE, afin de développer des solutions résilientes face aux aléas climatiques.
En somme, la Politique nationale du service public de l’eau représente une initiative ambitieuse. Elle a le potentiel de changer la donne en matière d’accès à l’eau potable en RDC. Pourtant, sa réussite dépendra de l’engagement de tous les acteurs, de la mobilisation des ressources nécessaires, et d’une prise de conscience des défis environnementaux. La question reste entière : la RDC parviendra-t-elle à surmonter ces obstacles pour garantir un accès universel à l’eau potable d’ici 2035 ?



