Évolution économique de la Côte d’Ivoire sous Ouattara

Un contexte de crise à la stabilité retrouvée
Depuis son accession à la présidence en 2010, Alassane Ouattara a pris les rênes d’une Côte d’Ivoire meurtrie par une crise politique et économique. Les conflits internes, les tensions ethniques et l’instabilité avaient dévasté le tissu économique du pays. Toutefois, les premiers mois de son mandat ont marqué le début de réformes structurelles destinées à restaurer la confiance des investisseurs et à relancer la machine économique.
Les résultats ont été spectaculaires. La Banque mondiale a révélé que la Côte d’Ivoire a connu l’une des croissances économiques les plus impressionnantes au monde, avec des taux avoisinant 9 % entre 2012 et 2015. Cette dynamique éblouissante a été propulsée par d’importants investissements dans les infrastructures, couvrant divers secteurs tels que les transports, l’énergie et l’éducation. La réhabilitation des routes et le bond de l’électrification, qui est passé de 33 % à plus de 90 %, figurent parmi les réalisations marquantes, transformant ainsi la qualité de vie des Ivoiriens.
Cette mutation économique a également positionné la Côte d’Ivoire comme un acteur de premier plan en Afrique de l’Ouest. Les investissements étrangers ont afflué, et le pays joue désormais un rôle central dans les économies régionales. Grâce à ses efforts pour stabiliser l’économie, la Côte d’Ivoire a réussi à façonner une perception positive à l’international, favorisant ainsi les échanges commerciaux et les partenariats.

Les avancées sociales et leurs impacts
Parallèlement aux indicateurs économiques, la présidence d’Alassane Ouattara a été synonyme d’avancées sociales significatives. Le Programme Jeunesse du Gouvernement, par exemple, a permis à plus d’un million de jeunes de bénéficier de formations et d’opportunités d’insertion professionnelle, crucial dans un contexte de chômage élevé.
De plus, la décision de doubler le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) pour les travailleurs du secteur privé souligne une volonté de combler les inégalités et d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Ces mesures ont impacté positivement la consommation intérieure, alimentant ainsi la croissance économique. Des experts, tels que le professeur de sciences économiques Jean-Marie Kassi, insistent sur l’importance de ces politiques sociales pour préserver la cohésion nationale et atténuer les tensions potentielles liées à une croissance inégalitaire.
L’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’éducation a également été saluée. Les infrastructures scolaires et hospitalières ont été consolidées, contribuant à améliorer les conditions de vie tant en milieu rural qu’urbain. Ces avancées, alliées à une croissance économique soutenue, ont insufflé un esprit d’optimisme et de renouveau chez les Ivoiriens.

Défis et perspectives d’avenir
Cependant, des défis économiques et monétaires demeurent. La vulnérabilité face à la volatilité des prix des matières premières, notamment le cacao et le café, pose un risque sérieux pour la stabilité économique. En outre, la crise sanitaire résultant de la pandémie de COVID-19 a révélé la fragilité de certaines couches de la population, exacerbant ainsi les inégalités déjà présentes.
Le président Ouattara a pris conscience de ces défis lors de son discours à l’occasion du 65ème anniversaire de l’indépendance. Il a souligné l’importance de renforcer les institutions et de favoriser l’unité nationale. Les mesures telles que l’augmentation de la prime exceptionnelle de fin d’année pour fonctionnaires et retraités visent à atténuer les effets de la crise économique mondiale sur les plus vulnérables.
Pour l’avenir, il est impératif que la Côte d’Ivoire diversifie son économie. Réduire la dépendance aux matières premières et accroître la résilience face aux chocs externes constitue un enjeu majeur. Les spécialistes affirment que l’innovation, ainsi que le développement des secteurs technologiques et agricoles, pourraient représenter des leviers clés pour cette transformation. Une question demeure : la Côte d’Ivoire saura-t-elle tirer parti de ses acquis pour construire un avenir durable et inclusif ?




