Le secteur agricole : moteur de croissance pour le Gabon

Une diversification économique nécessaire
Le Gabon, longtemps dépendant des recettes pétrolières, traverse une période de ralentissement économique. Le rapport 2025 de la Banque africaine de développement (BAD) anticipe une croissance du PIB limitée à 2,4 %, en grande partie à cause de la baisse de production pétrolière. Cette conjoncture illustre l’urgence d’une diversification économique. Le secteur agricole s’impose comme un levier stratégique pour revitaliser l’économie gabonaise.
L’économie gabonaise, historiquement ancrée dans la rente pétrolière, représente encore 46 % des recettes fiscales en 2024. Toutefois, des initiatives récentes, notamment dans les filières cacao et café, offrent des perspectives nouvelles. Les ventes de ces produits ont explosé, passant de 36 millions de francs CFA en 2023 à 162 millions de francs CFA en 2024, marquant une croissance de plus de 300 %.
Cette dynamique est le fruit d’une politique de relance agricole, intégrant incitations financières, formation des producteurs et accès élargi aux marchés internationaux. Ces mesures visent à augmenter la production, tout en garantissant des revenus stables pour les agriculteurs, contribuant ainsi à la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Le rôle des politiques publiques et des partenariats
La reprise du secteur agricole gabonais exige un cadre politique solide et des partenariats stratégiques. Louise Pierrette Mvono, Ministre de la Planification et de la Prospective, insiste sur l’importance d’une planification rigoureuse pour atteindre des objectifs de souveraineté économique et alimentaire. La décision d’interdire l’importation de poulet de chair dès janvier 2027 témoigne d’une volonté politique affirmée de soutenir la production locale.
Les collaborations avec des partenaires au développement, tel que la BAD et l’IFC, jouent un rôle essentiel. Le projet PAPG1 de la BAD vise à intensifier la productivité agricole, tandis que l’IFC s’engage à financer des projets agro-industriels. Ces actions sont primordiales pour moderniser le secteur et optimiser le niveau de vie des Gabonais.
Des ateliers nationaux, réunissant décideurs politiques et producteurs, redynamisent les filières agricoles. Cette approche collaborative est cruciale pour garantir que les bénéfices de la croissance agricole profitent directement aux communautés locales et renforcent les capacités des agriculteurs.

Vers une économie durable et inclusive
Le développement du secteur agricole ne se résume pas à l’augmentation de la production. Il s’agit de transformer la structure économique du Gabon en un modèle durable et inclusif. La BAD recommande de valoriser le capital naturel, en développant les chaînes de valeur forestières et l’écotourisme. Ces initiatives peuvent diversifier les sources de revenus tout en préservant l’environnement.
La relance de l’agriculture vivrière et d’exportation est attractive pour les investisseurs. Lors de la conférence à l’Expo Osaka 2025, Alexandre Barro Chambrier, Vice-président du gouvernement, a mis en avant l’importance de la transformation locale des matières premières. Cela pourrait positionner le Gabon comme un acteur clé sur le marché régional, garantissant traçabilité et qualité des produits.
Pour que ces initiatives réussissent, il est crucial que le Gabon crée un environnement favorable aux affaires, attire les investisseurs et renforce les infrastructures de soutien au secteur agricole. En intégrant ces éléments, le pays a l’opportunité de sortir de sa dépendance pétrolière tout en bâtissant une économie résiliente et durable.
Le développement du secteur agricole offre une occasion unique de transformer l’économie gabonaise. Pourtant, des questions essentielles se posent : comment garantir une répartition équitable des bénéfices de cette croissance ? Quelles mesures doivent être instaurées pour assurer la durabilité de cette transition ? Les réponses à ces interrogations seront cruciales pour l’avenir économique du Gabon.




