Appel à la Libération de Lucas Ayaba Cho

Contexte de la Détention
Le 25 septembre 2024, Lucas Ayaba Cho, leader influent du mouvement anglophone camerounais, a été arrêté en Norvège. Cette nouvelle a provoqué un tremblement au sein de la diaspora et chez les défenseurs des droits humains. Sa détention est perçue comme une répression dans un contexte déjà tendu, où les anglophones luttent pour leurs droits face à un gouvernement central jugé oppressif. Albert Léopold Ebene, ancien commissaire de police et réfugié politique en France, a directement interpellé Jonas Gahr Støre, le Premier Ministre norvégien, pour plaider en faveur de la libération d’Ayaba Cho.
Dans sa lettre du 24 février 2025, Ebene souligne que l’incarcération d’Ayaba Cho risque d’aggraver la crise anglophone, déjà ancienne. Le Cameroun est depuis longtemps secoué par des tensions ethniques et politiques, exacerbées par le régime autoritaire de Paul Biya. Accusé de violentes répressions à l’encontre des voix dissidentes, Biya ne fait qu’enflammer un climat déjà hostile.
La situation d’Ayaba Cho représente une injustice systématique pesant sur le peuple camerounais. Ebene avertit que réprimer les voix alternatives ne résoudra pas les problèmes fondamentaux du pays. Au contraire, cette approche pourrait exacerber les conflits et freiner les réformes nécessaires. Sa lettre résonne comme un cri de ralliement pour ceux qui aspirent à un véritable changement au Cameroun.

Appel à la Communauté Internationale
Albert Léopold Ebene ne se contente pas de revendiquer la libération d’Ayaba Cho. Il exhorte également la communauté internationale à agir pour soutenir le Cameroun dans sa quête de justice et de démocratie. Dans son plaidoyer, il insiste sur la nécessité d’exercer une pression internationale sur le régime de Paul Biya pour mettre fin aux violations des droits humains et favoriser un dialogue inclusif.
La question de la restitution des biens mal acquis, qui touche à la corruption endémique, est également au cœur de ses préoccupations. Selon Ebene, la communauté internationale doit veiller à ce que les ressources du Cameroun profitent à tous et non à une élite. Cette restitution pourrait ouvrir la voie à un climat de confiance indispensable pour instaurer une paix durable.
Les appels d’Ebene résonnent avec ceux d’autres acteurs de la société civile. Des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé les abus du régime, soulignant l’urgence d’une action collective pour appuyer les aspirations légitimes du peuple camerounais.

Vers un Changement de Régime
Au-delà de la libération d’Ayaba Cho, Albert Léopold Ebene défend l’idée d’un changement de régime au Cameroun. Il affirme que la survie de l’actuel pouvoir est incompatible avec la paix et la stabilité. Depuis des décennies, Paul Biya subit des critiques pour son autoritarisme et son inaptitude à répondre aux besoins de la population. Ebene rappelle les graves conséquences de cette gouvernance : détérioration des conditions de vie, pauvreté croissante et marginalisation des régions anglophones.
Pour Ebene, tout changement de régime doit s’accompagner d’une transition démocratique inclusive. Cela nécessite l’engagement de tous les acteurs politiques et de la société civile afin de bâtir un consensus autour d’une vision partagée. La Norvège, en tant que championne des droits humains, pourrait jouer un rôle déterminant en facilitant le dialogue entre les parties prenantes.
En fin de compte, l’appel d’Albert Léopold Ebene est à la fois un cri de désespoir et un appel à l’espoir pour un Cameroun meilleur. Sa demande soulève des questions essentielles : jusqu’où la communauté internationale est-elle prête à aller pour soutenir la lutte pour la justice et la démocratie dans des contextes aussi délicats ? La libération d’Ayaba Cho pourrait-elle être le premier pas vers une transformation significative au Cameroun ?