Enjeux politiques des élections de 2025 au Cameroun

Un contexte électoral tendu
Les élections présidentielles de 2025 au Cameroun marquent une étape cruciale pour l’avenir politique du pays. Paul Biya, à la tête du pays depuis 1982, demeure silencieux sur ses intentions de candidature. Ce flou intensifie les tensions à l’intérieur du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). L’absence de mécanisme formel de succession pourrait créer un vide en cas de départ de Biya, rendant plus vives les luttes de pouvoir. Christian Emvolo Emvolo avertit que cette incertitude pose un risque considérable pour la stabilité du pays, surtout sans une figure de consensus pour assurer la transition.
Les enjeux économiques accentuent encore la concurrence au sein du RDPC, où une fraction concentre richesse et pouvoir. Cette situation alimente des clivages idéologiques et tribaux, mettant à l’épreuve la cohésion du parti. En parallèle, la légitimité des élections et la transparence du processus électoral deviennent des impératifs fondamentaux.

Mobilisation de l’opposition et aspirations populaires
Au milieu de ces incertitudes, l’opposition, illustrée par des personnalités comme Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et Célestin Djamen de l’Alliance Patriotique Républicaine (APAR), se prépare à mobiliser l’électorat. Kamto met en garde contre les fraudes électorales, tirant des leçons des élections de 2018. Il évoque la nécessité d’une vigilance accrue pour garantir un scrutin juste et transparent. Djamen s’engage, lui, à proposer des réformes économiques ambitieuses, visant à augmenter le budget national et à instaurer une couverture santé universelle pour répondre aux attentes des Camerounais.
La jeunesse du pays, souvent marginalisée et soumise à des risques tels que le sous-emploi, pourrait devenir un acteur central dans ce scrutin. Marie-Claire Nnana rappelle que ces élections représentent un test de maturité politique pour le peuple camerounais. Leur mobilisation sera cruciale pour influer sur le résultat des élections. Il est donc impératif que les acteurs politiques, la société civile et les médias jouent leur rôle pour favoriser un dialogue constructif et inclusif, évitant ainsi une potentielle crise politique.

Risques de déstabilisation et enjeux sécuritaires
Les questions de sécurité s’imposent également à l’approche des élections. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a récemment tenu une conférence avec les gouverneurs pour discuter des mesures à adopter pour assurer la sécurité durant le scrutin. Il a souligné l’importance de synchroniser la sécurisation avec l’exécution des projets de développement, tout en avertissant les acteurs politiques des conséquences de toute perturbation de l’ordre public. Cette vigilance s’avère cruciale, surtout dans un contexte de tensions potentielles, tant internes qu’externes.
Les appels à une transition pacifique, comme ceux de Mgr Samuel Kleda, combinés aux préoccupations sur la pauvreté institutionnalisée évoquées par Nourane Foster, éclairent les défis que doit surmonter le pays. La nécessité d’une réforme économique et d’une mobilisation collective pour un avenir meilleur n’a jamais été aussi pressante. Ignorer ces problématiques pourrait plonger le Cameroun dans une crise politique aux conséquences désastreuses pour la paix et la stabilité nationale.
Les élections de 2025 ne se limitent pas à simples consultations électorales ; elles représentent un moment décisif pour redéfinir l’avenir du Cameroun. L’engagement des acteurs politiques, de la société civile et des citoyens déterminera non seulement l’issue du scrutin, mais aussi la pérennité de la stabilité du pays. Dans ce contexte complexe, quelles initiatives seront mises en œuvre pour garantir un scrutin inclusif et transparent ? Les décideurs seront-ils en mesure de dépasser leurs intérêts personnels au profit du bien commun ?