Un procès très attendu s’ouvre à Libreville
Le procès de Sylvia Bongo Ondimba s’est ouvert hier, lundi 10 novembre 2025, au Tribunal de première instance de Libreville, dans une atmosphère électrique. L’ancienne Première Dame, longtemps perçue comme discrète mais redoutablement influente, bien que absente pour des raisons médicales est désormais appelée à s’expliquer sur son rôle réel dans la gestion du pouvoir après l’AVC d’Ali Bongo Ondimba en 2018. Une page brûlante de l’histoire politique gabonaise s’écrit sous les yeux d’un peuple avide de vérité.
Le déni d’une influence… désormais impossible à cacher

Durant des années, elle répétait n’avoir « jamais mis son doigt dans les affaires de l’État ». Mais les témoignages de plusieurs anciens collaborateurs, officiellement rémunérés par l’État pour l’assister, dévoilent aujourd’hui une toute autre réalité.
Derrière le visage public de Sylvia Bongo Ondimba, née Sylvie Aimée Marie Valentin, se cachait une main ferme, omniprésente dans les décisions d’État. Depuis le malaise de son époux, c’est elle qui aurait veillé, contrôlé, et parfois même dirigé, les grandes orientations de la République.
Le jour où le pouvoir a basculé

Le symbole est resté gravé : au retour d’Ali Bongo Ondimba du Maroc, un Conseil des ministres devait marquer sa reprise officielle des affaires. Mais ce jour-là, c’est Sylvia Bongo Ondimba elle-même qui se tenait sur le perron du Palais du Bord de Mer, accueillant les ministres à la place du Président.
Un acte perçu par beaucoup comme une prise de pouvoir silencieuse, révélant l’autorité réelle d’une femme qui, sans mandat, s’imposait au cœur du système.
Une reine sans trône, mais avec des ordres

Plusieurs sources concordantes affirment qu’elle allait encore plus loin. Elle convoquait parfois des hauts responsables de l’administration, voire des membres du gouvernement, leur donnant des instructions directes.
Des pratiques en totale violation de la Constitution, qui ne lui reconnaissait aucun rôle exécutif.
À mesure que l’état de santé du président limitait sa présence, Sylvia Bongo Ondimba aurait pris les rênes, contrôlant nominations, décisions et accès au palais, érigeant ainsi un véritable État dans l’État.
Cinq années d’un pouvoir parallèle

De 2018 à 2023, le Gabon a vécu sous un double régime : celui d’un président diminué et celui d’une Première Dame devenue gardienne du trône.
Les confidences de ses anciens collaborateurs peignent le portrait d’une dirigeante de l’ombre, calculatrice, stratège, maîtrisant l’art du silence autant que celui de l’influence. Le Palais Rénovation n’était plus seulement la résidence présidentielle, mais le siège d’un pouvoir officieux, invisible, mais bien réel.
L’heure de vérité a sonné

L’ouverture du procès ne marque pas la fin d’une époque, mais le début d’une grande révélation nationale. Pour la première fois, la justice gabonaise explore les zones d’ombre d’un pouvoir conjugal qui aurait franchi toutes les frontières constitutionnelles.
Le pays tout entier observe, suspendu à chaque témoignage, à chaque mot prononcé dans la salle d’audience.
Le rideau tombe, mais l’histoire ne fait que commencer.
Car au cœur de ce procès, une chose est désormais certaine : les révélations ne font que commencer.


